Archives de catĂ©gorie : COMMENT l’essentiel reste invisible pour les yeux mais pas pour le coeur

Changer le plomb en or

Sur ma route vers les lieux Ă©levĂ©s, solitaire, je cherche Ă  rentrer chez moi. Mes mains sont froides et les lieux dĂ©serts. Et dans tout cela, je continue de chercher. Dans les villes, les chemins, les ruelles. Dans les halls de gare, les quais frais et enfumĂ©s. Dans les aĂ©roports, Ă  l’ArrivĂ©e comme aux DĂ©parts, je poursuis ma QuĂȘte. Rentrer chez moi, un jour, trouver la chaleur, la sĂ©curitĂ© et la Joie. Et tu vois, personne ne sait, mĂȘme pas mes amis les plus chers, quelle est ma quĂȘte et mon espĂ©rance. Et je prends la mer et les bateaux Ă  rame,  je ne suis qu’un  canoĂ« et les vents sont douloureux. Mais sur ma route vers les lieux Ă©levĂ©s, solitaire, je cherche Ă  rentrer chez moi. Demain est autre jour, mais c’est un jour trompeur qui n’arrive jamais. Hier est mort, ne reste qu’Ă  l’enterrer. Je ne sais si j’y mettrai les honneurs dus Ă  son rang. Dans la rubrique nĂ©crologique, en tout cas, il y aura ton coeur, les vents et les marĂ©es tout ce qui, d’aprĂšs toi, ne valait sans doute pas qu’on s’y attarde. De toute façon, les vents sont passagers et les marĂ©es alĂ©atoires. Les sentiments du coeur ne sont que des Ă©motionnelles suppositions vers un monde meilleur qui ne peut se trouver qu’Ă  l’intĂ©rieur de nous.

Sur ta route vers les lieux Ă©levĂ©s, solitaire, tu cherches Ă  rentrer chez toi. Tes mains sont froides et les lieux dĂ©serts. Et dans tout cela, je t’en supplie, continue de chercher. Telle est ma priĂšre, que dans les villes, les chemins, les ruelles, les gares et les aĂ©roports, tu poursuives ta QuĂȘte. Qu’elle soit comme un envol. Courir ne sert Ă  rien, Ă©lĂšves-toi plutĂŽt. De lĂ -haut au moins tu verras la mer et les vagues ne pourront rien contre toi. Tes amis ne savent rien et ne peuvent te comprendre. Et d’ailleurs qui le pourrait ? Ton Etre est un mystĂšre absolu, le seul point commun de toute l’humanitĂ©. Combien de coeurs insondables et de vies cachĂ©es qui ne sont que des enfants perdus, c’est ça qu’il faudrait savoir. Le reste ne sert Ă  rien.

Sur ma route, solitaire et cachĂ©e, mise Ă  l’abri non des douleurs du monde mais de leurs consĂ©quences, je poursuis ma QuĂȘte. Les villes sont toujours ouvertes, de jour comme de nuit, il n’y a que la couleur qui change. Et puis il y a les chemins, les petits sentiers. Il y a la route large Ă  l’origine de toutes les autres routes. L’aorte principale oĂč passe ton sang et le mien. L’amour n’est pas toujours un oxygĂšne salutaire s’il est saturĂ© par les scories de nos fausses identitĂ©s. Ce n’est pas de l’amour de toute façon. Je crois qu’on l’appelle ainsi par commoditĂ©. C’est de l’attachement, un besoin d’air qui paraĂźt respirable, de l’hĂ©lium et du latex, du bois flottant que la mer nous ramĂšne.

Sur nos routes, solitaires, nous continuons de chercher Ă  nous sentir chez nous. Nos mains sont froides, les nuages Ă©levĂ©s, inaccessibles sont nos idĂ©aux. Nos chemins vers les lieux Ă©levĂ©s sont sans fin et n’ont plus d’horizons. Les villes sont froides quelle que soit la saison. La voie large nous l’avons prise 1000 fois dĂ©jĂ  et nos petits chemins ne mĂšnent nulle part. MĂȘme nos meilleurs amis n’y comprennent rien. Et pourtant nous poursuivons notre QuĂȘte, inlassablement.

Sur ma route inaccessible, Ă©troite et douloureuse, Ă©levĂ©e et solitaire, j’ai trouvĂ© le lieu secret et suis rentrĂ©e chez moi. J’ai cherchĂ© la Pierre Philosophale, longtemps, et partout. C’Ă©tait ma QuĂȘte et je ne voulais pas mourir sans l’avoir trouvĂ©e. Aujourd’hui je sais que l’on peut changer l’eau en vin, amener la lumiĂšre dans l’obscuritĂ© et changer le plomb en or. C’est le fondement de mon mĂ©tier, que chacun de vous puisse poser sa besace et ses cailloux, respirer, se voir tel qu’il Est vraiment.

Et rentrer chez lui.