J’aurais voulu les crinolines comme un pompon posé sur ta poitrine. Sous les jupons, la joie, le mystère et les soupirs. Les fleurs comme des collerettes et des figures, et puis aussi le lointain paysage. Le ciel mangé par les vallées, les arbres et les collines posées pour faire joli.

Il y a là une femme assise, jeune, pensive, un peu enrubannée. La robe est blanche, mousseuse comme de la petite crème. Un long ruban azur entoure la taille et serpente jusqu’à la terre, ocre où peut-être beige. Tout dépend du regard et de la couleur de l’œil qui la regarde.

Il fait doux, tendre, c’est le plein été. C’est le temps des fleurs posées à nos pieds, éclatantes et bientôt fanées par la chaleur. C’est le temps d’un joli chapeau rond presque blanc, cerclé de soie grise, comme un pâle rappel de l’automne à venir. Car l’été ne dure jamais et ne fait que passer vers vous. Puis il traîne un peu, brûlé une dernière fois pour se noyer dans l’automne. Il sera temps alors d’ouvrir votre joli parapluie. A moins qu’une petite ondée ensoleillée vous y pousse doucement un peu avant. Mais alors la pluie est incolore, presque bleue et pas tout à fait grise. Elle est très douce et ressemble à des larmes. Elle me rappelle les chagrins des amours jeunes, les colonies de vacances, les tendres flirts et les petits cheveux.

Je ne sais pas ce que cette jeune fille assise sur sa chaise en volute forgée cherche à me dire. Son regard insiste à vouloir une réponse qui semble déjà connue. Je cherche la question, la petite étoile filante de son cœur vers le mien. Elle m’interroge et me dit « Il est possible que ce que tu demandes viennes à toi. Et alors, que répondras-tu à l’Amour qui revient ? »

Oui. Que répondras-tu à l’Amour qui revient ?

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