C’est le vœu qui mène aux voyages, aux absences programmées. C’est le vœu du monde quand il tourne tout autour de la joie et que la joie, c’est moi.

Au milieu des chasseurs de guerre, des intérieurs nuit, toutes ces petites problématiques qui entourent l’espace de nos vies, j’ai choisi de compter mes avions dans le ciel.

Trois avions pour une vie nouvelle, trois avions pour de secrètes palpitations, pour le velours de leurs traces sur ma rétine. Parce que trois est un chiffre à plusieurs, tout autant que mes pas sur la terre.

Rien de mal ne peut m’arriver dans le ciel, seul lieu où je peux encore te trouver. Quand je parle du ciel je parle aussi de nos vies, c’est-à-dire du ciel sur la terre, et pas seulement de la terre comme au ciel. J’ai vidé la soute à bagage, chacun ses soucis. Il est bien possible que la tienne soit encore pleine. Nous ne sommes jamais loin les uns des autres, aussi tu garderas pour toi ton petit parachute, ami.

J’ai dans l’idée qu’il y a dans les airs une possibilité de pardon qui ne se trouve nul part ailleurs. Nos aimés se souviennent encore de nous, ils nous observent à travers les hublots avec tendresse et sollicitude.

Rien ne se perd quand il est bien gardé, pourquoi devrais-je laisser tomber l’amour ?

Mon esprit quand j’y pense file à la vitesse d’un éclair magicien. L’univers s’occupe de nous à n’en pas douter.

Voilà ce que je me dis en levant les yeux vers mon bleu monochrome. Aucune vague de malheur ne vient toucher mon nuage, mon coton et mes petits paysages.

Tiens, voilà mes avions me dis-je en moi-même. Il y a du mouvement dans l’air. Et c’est pourtant le silence qui m’entoure. Voilà bien un endroit pour dormir, tout en haut, là où je sais qu’ils s’amusent. Ils sont beaux comme des bonbons. Je les vois passer, un par un, comme s’ils voulaient s’assurer que je les regarde. Soit sûr, ami, que pas un ne se perd. J’ai les yeux sur le ciel comme un enfant sur sa mère. Voilà le premier me dis-je. Le premier vient toujours comme par hasard. Il met dans sa trajectoire l’idée d’un bel espoir et comme je ne veux pas le décevoir, je le regarde passer avec toute la tendresse de celle qui est encore à terre.

Passe le deuxième. Celui-là, c’est celui qu’on attend. Il porte en lui la confirmation du premier tout autant que l’attente du suivant. Quand je vois le troisième qui pointe son métal étincelant et sa petite fumée, je sais que Dieu existe et qu’Il m’embarque avec Lui.

Les avions sont comme des anges. Ils ont des ailes, ils sont blancs, et nous emmènent où ils veulent.

PARTAGEZ CE QUE VOUS AIMEZ
  •  
  • 2
  •  
  •  
  •  
  •