Archives de catégorie : COMMENT l’essentiel reste invisible pour les yeux mais pas pour le coeur

L’Arbre de la Grâce

Quand naît la douceur de l’automne, tu choisiras ton feu, tes rouges et ta brûlure. Tu iras vers l’arbre tombé, asséché, ses moisissures et ses feuilles allumées. Tu verras le coeur de la Source dans tout ce qu’Elle fait, pour la mort comme pour la vie. Pour aujourd’hui, comme pour toujours. Cette flamme, minuscule, peut-être, te parle au cœur de ta saison, quand les jours s’assombrissent et que ton ciel pâlit. Quand la nuit tombe et que les jours disparaissent prématurément, s’exalte ta lumière posée sur ton sel, ta larme et l’abandon de toi-même.

Sur l’Arbre de la Grâce tu pourras accrocher tous tes cœurs, ton âme et ton corps avec. Et moi, je viendrai, juste pour toi, contempler ta chair briller dans le noir. Et toi, posé sur cet Arbre, tu t’abandonneras à l’Amour que tu es et que retient le Monde. Tu voudras t’envoler, (c’est un souvenir que tu gardes encore, qui parfois te fait souffrir car ta chair est faible, merveilleuse et pourtant souvent triste). Avant les tendres ailes qui te porteront jusqu’à la Maison, n’oublie pas que tu as choisi de te poser là, tout au milieu de nous.

Souviens-toi que cette Vie est faite pour toi : tu as toujours ton mot à dire. C’est pourquoi les meilleurs d’entre vous se retrouvent à genoux, les petits cheveux dans les yeux et de la boue sous la langue. C’est normal, avec cette terre qui bouge tout le temps, qui fait dans l’espace tous ces petits ronds. C’est pourquoi tu ne dois pas fixer tes yeux dans les yeux du grand soleil, mais bien plutôt le chercher à l’intérieur de toi. Il arrive qu’il brûle mais c’est pour les grands froids. Pour toutes ces heures qui n’arrivent qu’à toi, du moins c’est ce que tu crois. Mais toutes ces heures sont bleues, et noires, et rouges, aussi. Elles sont comme toi, elles sont comme nous, de petits pétales comme de tendres mains qui te poussent en avant et te disent « Souviens-toi, s’il-te-plaît, ramasse tout ce que tu laisses tomber à terre avec tant de négligence et par manque d’attention. Que ta nuque soit souple sans servilité, ton coeur odorant sans duplicité et tes yeux plus souvent clairvoyants que fermés. Pourquoi ne vois-tu pas que tu n’es jamais seul, jamais oublié, toujours aimé ? Ton coeur est sec, dispersé, affamé, toujours à chercher au mauvais endroit. Et tu le poses n’importe où, n’importe comment, pour n’importe quoi, et souvent, pour n’importe qui. Ramasse tout ce que tu laisses tomber à terre, avec tant de négligence, et par manque d’attention ».

Nulle gloire alors, et même pas de la petite tendresse humaine. Rien. Ou vraiment pas grand-chose, il faut le dire.

Quand naît la douceur de l’automne, tu choisiras ta danse, ta puissance et ton chant. Tu iras vers l’Arbre tombé, ses déchirures et ses feuilles allumées. Tu déposeras à ses pieds tous les petits cadeaux de ta vie, tout ce dont tu te souviens, tout ce que tu n’as pas oublié. Alors l’Arbre pliera jusqu’à toi, simplement. Il aura, posé sur ses claires et tendres feuilles, tous les embrasements que tu cherches, toutes les joies que tu attends et toutes les grâces à venir.

Rappelle-moi l’Amour que je suis

Comment te sens tu ce matin à l’aube d’un nouveau commencement ? Une belle et parfaite éternité, toujours renouvelée, changeante, limpide et parfaite. Rien qui bouge, tout qui frémit. Sens comme cet air que tu respires est ta perfection tout autant que ta manne. Écoute, ça n’est pas toi qui respire. « Cela » respire à travers toi et tu n’y peux rien. C’est le Souffle qui s’occupe à te maintenir dans l’ordre du vivant. Tu en as peut-être fait une habitude, une normalité comme tu crois normal le printemps qui s’amène et l’amour de l’autre. Mais vois-tu rien n’est normal, tout est magie, don et puissance.

Comment te sens-tu quand la saison change, que l’été s’en va en te laissant tout seul ? Quelles pensées t’animent quand le fruit est acide et le manque insoutenable ? Y-a-t-il un bonheur encore possible dans le puits de la trahison, les crevasses du cœur, l’ère glaciaire et les douleurs polaires ?

A l’automne de ta vie, quand plus rien n’est pareil et que les enfants s’en vont, quand le corps s’amenuise, rien qu’un peu mais un peu tout de même, quand celui-là meurt qui avait juré d’être éternel, quand passent les soleils jour après jour sans te voir, que reste-t-il ?

Es-tu prêt à mourir ?

Quand je parle de mourir, je ne parle pas de cette minute inéluctable qui pointera en ton temps le bout de son aile. Je parle de la petite mort de ce qui, en toi, se prend pour l’auteur des saisons. La toute, toute petite personne, le minuscule personnage, sa tenue de camouflage et son imposante vanité, sa parure et ses paillettes. Voilà que ça brille dans le noir et que tu te prends pour une étoile. Hélas, ta clarté est bien faible et n’éclaire que ton propre aveuglement. Descends,s’il-te-plaît, de ta petite colline et reviens. Reviens vers ton ciel intérieur et ta terre ancestrale. Reviens vers ta nature première, à l’aube de la Création, quand tu étais l’Innocence et la Joie, oui, reviens vers toi. Entre et creuse plus profond, sous les couches de l’orgueil et la tentation du drame. Plonge, défais tes coutures, déchire tes croyances et tes drames. Rien n’est à toi, c’est juste une histoire que tu te racontes pour t’endormir. Pour oublier que tu es le grand vent et l’océan, la brise tout autant que la vague. Tu t’es perdu en chemin mais la Vie a, pour toi, semé ses petits cailloux. Sur la route, ils t’attendent et brillent dans le noir. Aux branches sont accrochés des lampions et des messages en papier, si doux, si doux, tendres à pleurer. Laisse aller, laisse aller, laisse tomber. Laisse tomber, oui, maintenant. N’attends pas une seule seconde et ne t’appuie sur rien d’autre que sur le mouvement de la Vie.

C’est comme une petite fleur à l’intérieur de toi venue d’une possible graine oubliée. Alors, quelque chose émerge et tu ne saurais dire, tu ne peux en parler. C’est un silence, et pourtant c’est aussi un son. C’est une flamme et pourtant c’est une incroyable fraîcheur. C’est comme une aube, ronde et laiteuse, et c’est aussi un noir immense et infini, une petite obscurité bienveillante. C’est le jaillissement de la Source, une incroyable et très pure rosée. C’est la Paix dans les décombres et la Force au milieu des colombes. C’est indicible et pourtant Ça veut se dire. Ça vient vers toi et se dépose tout au bord de ton Coeur en t’attendant.

Car Ça t’attend à chaque seconde, avec une patience, une bonté, un sourire immenses. Ça t’attend quand tu te lèves et quand tu te couches. Ça t’attend au milieu de toutes tes saisons, de toutes tes fêtes et de toutes tes fournaises. Ça t’attend dans tous tes cirques, tes histoires et tes petites parades. Ça t’attend dans les rues des cités, dans les heureuses parures des jardins et les cabanes abandonnées. Ça reste là, posé, tranquille, Ça a l’éternité pour se vivre et c’est tellement Présent que c’est maintenant. C’est maintenant et c’est aussi pour Toujours, c’est en fait à jamais et il n’y a rien de plus à en dire.

Tous les mots viennent de mon Coeur

Par-delà le Ciel et tous les espaces imaginaires, il y a un lieu où tout est possible. C’est là que je veux te rencontrer. Ta tête te dira que c’est loin, impossible à atteindre et peut être perdu pour toujours, mais ton Coeur connaît sa réponse. Ton Coeur sait parce que ton Coeur connait. Si tu crois que c’est une lointaine étoile, une incantation magique, un long chemin désertique, tu t’illusionnes. Si tu vis une profonde souffrance et que tu crois à la brisure de ton âme, si ton corps est malade et se plaint jour et nuit, je viens vers toi avec compassion pour te dire, c’est un chemin pour te ramener à la Maison. Mais tu pourrais le quitter en un instant si tu cessais d’y croire. Derrière les apparences, au-delà de ce que tu appelles la « réalité », il y a Toi. Ton Essence, la Vérité de ton Être, la Vie Éternelle, l’Impermanent, l’Immuable, ce qui en toi ne peut pas mourir, la Conscience, et pour Tout dire, l’Amour. Prends ton temps si c’est ce que tu veux. Mais saches de quel endroit de toi-même tu gardes cette croyance. Car si tu penses que « tu es loin » de ce que tu voudrais être, c’est que tu crois à la pensée « je suis loin ». Et quand tu te racontes toutes tes petites histoires qui te disent « je ne suis pas aimé », « je ne suis pas en paix », c’est tout simplement que tu crois à la pensée qui te dit cela. Interroge-toi. Tu pourrais choisir de voir ce petit programme que tu télécharges chaque jour et toujours dès que tu ouvres les yeux sur une journée nouvelle. Et je te dis, cette journée pourrait vraiment être nouvelle, c’est-à-dire vraiment neuve, toute fraîche et tendre. D’ailleurs tu n’es pas obligé d’attendre. Tu pourrais être neuf tout de suite, immédiatement, au moment où je te parle. En réalité, tu ES neuf à chaque seconde. Maintenant. Quand je parle de « réalité », je parle du Réel, ce qui ne change jamais, la Conscience, la Permanence, Dieu, l’Absolu, l’Amour fixe. Ce qui te permet de voir le mouvement. Celui de toute vie, des trains comme des feuilles au sommet des jardins. Sans ce point fixe, le mouvement n’est pas perceptible. Et c’est pareil pour tout. Ton Coeur profond c’est ton point fixe. C’est de l’Amour. Au-dehors, dans ce que tu nommes « réalité », c’est le changeant et le mobile, le fluctuant et le mouvant, là où tout est relatif et la vérité incolore. C’est le monde de la forme, tout est en mouvement, impermanent, c’est pourquoi tu as toujours peur. Où se réfugier quand la mer me démonte et que je n’ai nulle part où aller ? C’est pourquoi tu décolles vers des cieux élevés, de longs voyages peut-être tant qu’ils te portent au loin. Tu as vu que tu te portes aussi et que tu ne peux échapper à toi-même. Alors tu te mets à souffrir. Si même les longueurs de piscine, les montgolfières et les hauteurs ne peuvent te combler, où iras-tu ?

Et tu continues de tourner, et ce sont d’interminables tours de manège et tu n’attrapes jamais le pompon. C’est désolant. Alors tu dis « je suis dépressif », « je suis malheureux » et tes cicatrices te démangent. Tu te grattes jusqu’au sang et tu attends celui qui léchera tes plaies. Et quand celui-là vient qui doit aspirer ton sang et tes douleurs, tu finis par le détester parce qu’il troue ton âme en même temps qu’il croit te guérir. C’est parce que lui-même est plein de tous ces trous qui sont comme les tiens. Alors, que feras-tu de ta vie ?

Par-delà le Ciel et tous les espaces imaginaires, il y a un lieu où tout est possible. C’est là que je veux te rencontrer. C’est un lieu sur la terre qui ne provient pas de la terre et qui ressemble au Ciel que tu cherches. Dépose ta besace et tes petits paquets. Là où il n’y a plus de temps, il n’y a plus de karma. Car ce que tu appelles ton karma est lié à ta petite histoire, à l’écoulement de ce que tu appelles « temps ». Si tu crois dans ce « passé » que le plus souvent tu regrettes, si tu crois dans ce « futur » qui le plus souvent te fait peur, t’illusionne et te transporte vers d’improbables rêves, alors ton programme s’accomplit sois-en sûr. Tes attentes sont toujours le refus de ce qui est. Toutes tes envolées pour soi-disant être la meilleure version de toi-même naissent d’une pensée. Tu te rejettes en cet instant. Accueilles-toi pleinement et prends du repos. Fais silence et reviens vers toi. C’est à dire vers ton Être, la Vie éternelle en toi. Cesse enfin de te croire une petite âme errante quand c’est pour te secouer que les cloches sonnent.

Il te faut tout perdre pour voir ce qui ne peut être perdu. Devenir aveugle et sourd pour voir ce qui ne peut être vu et entendu, disperser ton âme et ton corps aux quatre coins des mondes pour trouver l’Unité.

Tous les mots qui viennent de mon Coeur, ici et maintenant, au moment où je te parle, sont la simple forme que prends l’Amour quand il te ramène à la Maison.

Réveille-toi. Réveille-toi. Tous ces mots viennent de ton Coeur qui appelle.

 

 

 

 

 

 

 

C’est là mon chant

Je voudrais que chaque petite chose de la vie soit une fête. Une foraine, une très grande, une incroyable noyade vers des eaux profondément amicales.

Je voudrais que chaque heure soit comme un petit bijou, un foulard de soie précieuse et tendre, enroulé autour de nos mains.

Je voudrais que chaque minute soit un battement de cils noirs et doux, du petit velours en mouvement, comme une aile de moineau.

Peut-être voudrais-tu le monde comme une fête mais les fêtes sont provisoires et le monde est vain.

Peut-être attends tu des voyages, du sable, une mer vivante et ronde pour que le monde tourne rond. Mais les voyages sont incertains et le monde se défait.

Nous voudrions que chaque jour soit une fête, oui. Un chapelet de toutes petites minutes posées comme des couleurs sur nos manteaux. Alors nos pas seraient sûrs, nos cœurs entiers et nous pourrions danser. Je mettrais mes froufrous et mon joli chapeau. Tu porterais ton bel habit, tu serais très beau. Nous vivrions tous dans des manèges tournoyants, le monde aurait enfin la tendresse que tu attends. Les enfants seraient nourris et les guerres emportées. Les flammes seraient pour les vivants plus que pour les morts. Il y aurait de la joie dans les enterrements car c’est encore la Vie qui te reprend.

Il faudrait que tu fasses de chaque instant une petite fête. Sans crier, discrètement. Tu me diras comment fêter la maladie, la soif et les tourments ? Comment passer de la lumière étincelante au blanchiment de l’aube ? Tu penseras qu’il faut être innocente, et très sûrement naïve, pour croire à l’azur quand passent les canons. Tu croiras sans doute à ce que tu vois seulement. Et ce que tu vois, c’est la misère, le doute et l’effroi. Les fins d’automne, le gel et les grands froids. Tu cours derrière la fin du monde, l’argent, de glorieuses mémoires et ton nom sur les rues. Tu cours après ton ombre. Nous laisseras-tu quelque chose, toi qui ne fait que passer ? Un geste héroïque ou un simple baiser ? Une prière, un chant, ou un petit bouquet ?

Il est impératif que tu fasses de chaque moment une grande fête incroyable. Ça n’est pas optionnel, c’est même obligatoire, si tu veux mourir en paix. Et même plus, si tu veux la Paix avant ta mort. Je veux dire si tu veux vivre. L’existence est monotone, incolore et médiocre si tu ne brûles pas.

Le quotidien est fade et brumeux si tu ne te réveilles pas.

Tu voudrais chaque jour comme une petite fête mais tu dors encore et ta souffrance est vive. Si tu descendais jusqu’à Toi, dans tes profondeurs, tu rencontrerais la pépite, la semence. Tu toucherais à l’origine du monde, à la résurrection du Verbe. Tu aurais l’intelligence. La sagesse en toi remplacerait la force et les combats. La Paix pourrait te trouver et peut-être nous aussi. La tendresse remplacerait la douleur et les tristesses s’éloigneraient. Tu les saluerais de loin, comme on salue celui dont on ne sait pas le nom.

Tu sortiras de l’enfer car l’enfer est sur la terre et le paradis est en toi. Viens et vois. Tu auras la victoire, les anges et la barbe à papa. Tu pourras tendre la main et nous prendre avec toi.

Quoi de plus simple, quand on y pense.

 

 

 

 

L’élégance du discernement

Si la Vérité doit te rendre libre, où la trouver ? Si l’Amour peut te donner des ailes vers quoi s’envoler ? Et si la Paix marche sous tes pas, comment la garderas-tu ?

Avant de revêtir tes habits de lumières, tes fragrances et tes paillettes, dis-moi quel air choisis-tu de respirer et de nous souffler au visage ? Parle-moi de ce qui remplit tes poumons à cet instant. Parce que si tu étouffes sous les faux-semblants et les mensonges de ta petite personne, ce que je respire de toi est sans oxygène. En même temps il est salutaire que tu ailles vers ce lieu profond où tu meurs à toi même. Tu devras laisser derrière toi les flaques, les eaux boueuses et les pensées mortifères, pour aller sur la montagne. Étonnamment, la montagne te ramènera à toi-même et te montrera la vallée. Dans un premier temps, tu oscilleras entre les deux. Et cette oscillation t’amènera la faveur de l’équilibre. Tu verras que la vie réelle n’est pas plus sur les hauteurs que dans les creux. Pas plus en haut qu’en bas. Tu te jugeras inapte et peut être inintéressant. Et tu auras, d’un certain point de vue, tout à fait raison. Parce que ce n’est pas ce que nous choisissons de voir en toi.

Ce que nous voulons voir, c’est l’or étincelant d’une puissante Conscience.

C’est la valeur de ton Etre quand il se relie à la Source suprême. C’est l’épanouissement de ta Joie quand tu te sais aimé absolument. C’est à dire sans conditions ni contraintes, sans terreurs ni doutes.

Ce que nous voulons voir en toi, c’est la tendresse de l’enfance qui s’amuse à tout imaginer et à le croire possible. C’est la puissance de l’innocence qui offre au monde une vulnérabilité qui n’est pas une plainte mais la reconnaissance du Bien.

Ce que nous croyons pour toi, tu dois le croire pour toi même et en cela, peut-être, tu te sentiras seul. Abandonné. Possiblement misérable. C’est parce que tu marches le nez pointé vers tes godillots sur la pourriture d’un chemin qui ne te convient plus. Alors tu lèveras les yeux vers le ciel et les étoiles te paraîtront inaccessibles. C’est toujours comme ça avec les étoiles. Lointaines, distantes, éblouissantes, elles tiennent l’homme occupé à d’incompréhensibles mystères trop grands pour lui. Et te voilà perdu dans cette obscurité animée d’inaccessibles lucioles. De nouveau tu oscilleras entre la terre et le nuage, la poussière et la pluie, la cendre et le ciel. Alors tu observeras que ce qui fait le lien entre le Haut et le Bas, le Paradis et l’Enfer, c’est l’Humain que tu es. Tu vivras l’écartèlement de la croix qui te porte en son centre. L’endroit où se relient les Mondes. L’endroit où tu assumes ton horizontalité en vue de te verticaliser. C’est le lieu de la Présence, le lieu de ton Essence. La seule et indicible souffrance qu’elle aura l’air de t’offrir n’est pas réelle. Elle est l’histoire que tu t’es racontée jusqu’à ce jour. Et comme la petite personne en toi tient à ses souffrances, elle croit encore que le Divin pourrait préférer la douleur à la Paix, le chagrin à l’Amour, le sang à la Joie, quand Il te ramène simplement à Toi-même. Le centre d’une croix, c’est la croisée du chemin. Ton chemin. Tantôt à gauche vers un passé qui n’est qu’une mémoire entretenue. Tantôt à droite vers un futur qui n’arrive jamais. Pour peu que tu continues de croire à la linéarité du temps.

Alors en bas, qui te rappelle où tu t’en va très certainement, la terre nourricière que tu iras nourrir. Et puis en haut, vers les paradis perdus ou possiblement conquis. Dans aucun de ces endroits tu ne pourras poser ta tête, car il n’y a là pas de repos possible. Ce sont de simples points cardinaux et tu crois que c’est vrai quand ça ne l’est pas. La Vérité se trouve au centre de toi-même, comme un lumignon qui fume parce qu’il semble éteint. Mais si tu as l’Inspiration de souffler dessus, le voilà qui s’allume pour éclairer ta route et ton âme. Personne ne peut l’éteindre et même Dieu ne le fait pas. C’est l’espace en toi porteur du Souffle de ton existence. De ta vie. C’est le silence profond où le battement de ton cœur est à l’unisson du battement de coeur de ta Source. C’est-à-dire de la Vie même. Un battement d’ailes seulement te sépare de ton Lieu Secret. Un Souffle. Possiblement, une simple respiration.

S’il-te-plaît, assieds-toi.

L’heure bleue

Il y a dans cette heure délicieuse nommée « heure bleue » toute l’espérance du monde que tu peux créer. Aussi, reçois le parfum magnifique de cette heure entre deux ciels.

L’heure bleue est le si joli moment entre la lumière et l’obscurité où le ciel fonce sa couleur claire en préparant sa nuit, l’instant le plus lumineux précédant le crépuscule . Mais comme un bonheur n’arrive jamais seul, l’heure bleue revient à l’aube. Un cadeau d’une quinzaine de minutes juste pour vivre la magie du vivant. L’heure bleue est comme une invisible porte avant, ou après, les tumultes et les orages de ta journée. En été, cette heure est la plus favorable pour sentir le parfum des fleurs. Et c’est aux premiers instants de  l’heure bleue  que l’ensemble des oiseaux se met à chanter. Cette symphonie ne dure que quelques minutes avant que la vie ne reprenne son cours. L’heure bleue scelle le passage entre le visible et l’invisible. Tout semble au repos, et pourtant tout est en travail. Ceux qui prient sont déjà debout, ils savent que c’est le temps de l’exaucement. A cet instant précis, pour quelques minutes seulement, s’ouvre un passage. Il y a là le silence, tout le pouvoir créatif du commencement des Mondes. Car l’univers a été créé dans une bulle de parfait silence. Rien à voir avec un bruyant Big Bang. Le bruit, c’est une parade du vivant, un faux-semblant de respiration humaine. Seul l’intimité du silence donne la vie. Dans cet espace, je peux entendre les battements de ton cœur et le mien. Et c’est à cet endroit que le Divin t’écoute et te répond. Tu fermes les yeux et ton Être te parle. A condition que tu te taises. Que le bruit mental, incessant qui te tient lieu d’objectif de vie se calme et s’apaise. « Fais silence, et connais que je suis Le Créateur» dit la Torah.

Tais-toi. Pour une fois, tâche de grandir un peu. Pousse en vertical, prends de l’expansion et caresse ton ciel intérieur. Ton Cœur profond est bleu. Un bleu précieux d’une entre-deux vies, entre deux morts qui n’en sont pas. Si tous les cœurs du monde se parlaient quand s’élève l’heure bleue, il y aurait la Paix sur la terre, c’est absolument certain.

Pourquoi vouloir décrocher une si lointaine et turbulente lune quand d’incroyables jardins intérieurs attendent ta semence et ta joie ?

La tranquille et superbe heure bleue est le tendre rappel de l’Amour.

Réveille-toi s’il-te-plaît.

Pourquoi j’aime les pâquerettes

C’est dans l’air, paraît-il, ce goût des autres et de leurs petites histoires. Pas toujours très claires, les petites histoires. Venues de loin, souvent, c’est-à-dire de ce qui se fait passer pour du lointain. Parce qu’en fait rien ne vient jamais de loin mais plutôt du tout proche.

[Même si, très personnellement, j’aime aller loin et j’adore les avions. Et tout ce qui sert au mouvement. Mais surtout les avions. J’adore les traces qu’ils laissent quand je regarde en haut parce que je me dis que moi aussi je laisse ma trace en bas. Qui, à vrai dire, ne tient peut être pas plus longtemps que leur blanche et grise fumée. Tant pis. Ceux qui ont des yeux pour voir sauront de quoi je parle. Et ceux qui ont des oreilles pour entendre pousseront la chansonnette avec moi].

Je reviens à mon sujet. La pâquerette. Et pourquoi je les aime. D’abord, parce qu’elles sont plus rares qu’on ne le pense. Ensuite, parce que si tu les cueilles, elles meurent très vite. C’est une histoire d’appartenance. Tout ce que je veux saisir et garder pour moi est voué à mourir. L’amour, la joie, la tendresse et le rire. Tous ces petits pétales, ces fragiles pétillances sont pour le monde entier. Aussi je dois être attentive à ce que je fais. Même la manière dont je respire à son importance. La pâquerette est sensible à la manière dont tu respires, crois-le ou non. [Bien que je me permette de penser que ce serait bien que tu le crois]. Tu me diras sans doute que les roses et les chardons y sont sensibles aussi et tu auras raison. Sans compter tous les arbres, les torrents, les vallées et même la lune, en fait. Mais je sens que nous allons nous égarer et nous occuper de choses bien trop grandes pour nous. En tout cas pour moi. Je reviens avec une tendresse que j’espère visible vers la pâquerette.

La pâquerette « plante vivace de la famille des Asteracées » [si, tu pourras vérifier], elle me rappelle toi, elle me rappelle moi. Tu ne le sais pas, je m’en doute. C’est pour cela que je suis là. C’est une très grande et très majeure découverte qui ne sera hélas pas évoquée sur les médias aujourd’hui, sans cesse occupés de choses extrêmement importantes, des plus apparemment graves et tristes.

La pâquerette est rustique – si.. un peu… quand même …- bien qu’elle se fasse appeler « petite marguerite » ou « fleur de Pâques », par humilité. Une petite caractéristique qui pourrait sauver l’amour. Parfois. Et quand je parle d’humilité il n’est pas question de t’enfoncer dans la boue. Non. J’invoque une toute petite invocation de l’Etre à se souvenir d’où l’on vient.

A se rappeler que tu n’es pas le pétale mais le pistil, pas le soleil mais sa lumière. Et sa chaleur aussi quand tu prends quelqu’un dans tes bras. La pâquerette est fidèle à ce qu’elle paraît être. Pas de faux semblant. Elle ne se fait pas passer pour quelqu’un d’autre, ce qui est très reposant par les temps un peu orageux que nous traversons. Elle n’a pas l’élégance de la pivoine et son extatique floraison. Elle n’a pas la puissance du chêne et le snobisme de la rose. [Le Petit Prince en a fait l’expérience et moi j’aime ceux qui expérimentent la vie plutôt que d’en parler]. La pâquerette est comme un enfant qui joue. Moins susceptible que le coquelicot qui se laisse à peine approcher, moins éphémère que la jolie violette, elle n’émet pas plus d’odeur que de son. Mais la pâquerette sort toujours en famille et c’est peut-être ce qui fait sa force. [Pour ceux qui considèrent que la famille est une force dans la vie, et moi je dis que c’est un point qui reste toujours à débattre …]

J’aime la pâquerette qui pousse aussi aux pieds des hautes tours, dans les cités autant que dans les squares et les prairies.

J’aime la pâquerette, parfois minuscule et pourtant très aguerrie. Les inconscients l’écrasent sans même l’avoir vue et personne ne l’entend se plaindre. Pourtant, c’est très lourd l’inconscient planétaire, la maladie de l’ignorance et de l’[égo]centrisme. C’est très pesant si tu aimes les fleurs.

Et c’est douloureux quand tu bouges.

Toutes ces peurs, ces aveuglements, ces cœurs durs, font d’incroyables petits tambours, d’invraisemblables percussions qui font mourir la pâquerette et le cœur de l’Homme.

Sois vigilant.

Jour après jour, je viens à ta porte

Il te faudra de la vigilance lorsque que tu ouvriras un livre rangé depuis très longtemps. Il a été posé là, déplacé peut-être, d’une étagère à l’autre. Il a fait partie de tes choix de vie tout autant, ce que tu as gardé, ce que tu as jeté, tous ces décisions que tu as dû prendre durant la traversée. Tu en as sacrifié quelques uns à la sortie de l’enfance et tu en as sanctifié d’autres qui n’étaient pas à toi. Tu les as reçus, ils sont encore là tandis que tes aimés s’en vont, taillant la route par leur absence. Qu’ils soient morts ou plus simplement partis, ils t’ont quitté. Et le livre est un don de reconnaissance, une pensée qui s’attarde au bord du coeur et des yeux. Ta main le saisit sur l’étagère et ta mémoire se renouvelle. L’ouvrir avec délicatesse est un hommage aux disparus. Il y a là une attention très tendre et peut-être un peu inquiète. Parfois il ne contient rien d’étonnant, ce sont de simples feuilles calligraphiées qui racontent des histoires. Et cette histoire pourrait ne plus t’intéresser. Il arrive cependant qu’en feuilletant le papier quelque chose surgisse qui n’était pas prévu. Une carte postale datant du temps où nos mémoires étaient encore offertes par des mains d’hommes et de femmes. Une lettre absolument oubliée à cause de la douleur, une photo pimpante et ensoleillée d’un paysage marin ou d’une cathédrale, une petite photomaton laide et grise, te sautent au-travers des yeux jusqu’au cœur. N’oublions pas la fleur séchée, souvenir d’une grand-mère ou d’un joli-cœur, tartines et chocolat, le petit Casino avant la plage, les bretonnes marées, « la plage sous les pavés » comme on disait alors.

Tes mémoires sont de si jolies poupées russes !

Chaque livre est un ouvrage, une boîte aux trésors, une malle de voyage. Chaque livre est aussi un coffre-fort, une cage fermée.

Ton existence est onirique et les oiseaux sont au ciel. Parfois la photo est vivante, le paysage incroyable et tous les gens sont beaux. Incroyablement et très parfaitement présents, avec leurs visages tout ouvert et leurs regards droits devants vers nous. Celui qui fixe le temps, celui qui pose, celui qui regarde, tous ces petits mondes ne font qu’un. Alignés, tellement vivants, c’est la Présence. La magie de l’instantané quand il devient Créateur. Quelques secondes et vous voilà éternels. Le mythe d’Icare sans la malédiction, l’envolée sans la chute, l’eau forte d’un peintre inconnu.

Parfois c’est la carte ou la photo qui tombent. Tout ça chute sur le sol et c’est imprévisible. Voilà qu’une Vie glisse à terre. Une date, une signature et quelques mots comme de petites flammes, une brûlure douloureuse, un torrent, une tempête. Ou peut-être une douceur, voyelles et consonnes enfin réunies, des bonbons disparus, du sucre collé au fond de la mémoire pour garder le cœur. Ah ! Reçois le don des larmes comme la reconnaissance de la trace laissé par l’auteur. Laisse-toi traverser par la grande émotion qui vient maintenant éclairer toute la Grâce que tu avais choisi d’ignorer. Laisse-toi porter, oui, car les grandes ailes du pardon sont pour toi. Laisse-toi prendre à la petite ficelle de la mémoire, aucun lien n’est brisé, tout est toujours éternel. Entre les « vivants » et les « morts », les « vivants » et les « vivants », tout est toujours là, à portée du Souffle. La carte, la photo dans le livre, le livre dans la bibliothèque, la bibliothèque dans la maison, la maison sur le territoire, les frontières installées, tout ira en s’effaçant.

Essaie de ne pas l’oublier.

Tes choix de vie te regardent, je veux dire qu’ils te regardent en face et t’interrogent. Ta mémoire n’est rien, ton souvenir est léger. Tout s’en va vers une tendre poussière.

Aussi, je te demande, quelle trace marquera le pas de ton chemin pour celui qui te suit ?

 

3 avions

C’est le vœu qui mène aux voyages, aux absences programmées. C’est le vœu du monde quand il tourne tout autour de la joie et que la joie, c’est moi.

Au milieu des chasseurs de guerre, des intérieurs nuit, toutes ces petites problématiques qui entourent l’espace de nos vies, j’ai choisi de compter mes avions dans le ciel.

Trois avions pour une vie nouvelle, trois avions pour de secrètes palpitations, pour le velours de leurs traces sur ma rétine. Parce que trois est un chiffre à plusieurs, tout autant que mes pas sur la terre.

Rien de mal ne peut m’arriver dans le ciel, seul lieu où je peux encore te trouver. Quand je parle du ciel je parle aussi de nos vies, c’est-à-dire du ciel sur la terre, et pas seulement de la terre comme au ciel. J’ai vidé la soute à bagage, chacun ses soucis. Il est bien possible que la tienne soit encore pleine. Nous ne sommes jamais loin les uns des autres, aussi tu garderas pour toi ton petit parachute, ami.

J’ai dans l’idée qu’il y a dans les airs une possibilité de pardon qui ne se trouve nulle part ailleurs. Nos aimés se souviennent encore de nous, ils nous observent à travers les hublots avec tendresse et sollicitude.

Rien ne se perd quand il est bien gardé, pourquoi devrais-je laisser tomber l’amour ?

Mon esprit quand j’y pense file à la vitesse d’un éclair magicien. L’univers s’occupe de nous à n’en pas douter.

Voilà ce que je me dis en levant les yeux vers mon bleu monochrome. Aucune vague de malheur ne vient toucher mon nuage, mon coton et mes petits paysages.

Tiens, voilà mes avions me dis-je en moi-même. Il y a du mouvement dans l’air. Et c’est pourtant le silence qui m’entoure. Voilà bien un endroit pour dormir, tout en haut, là où je sais qu’ils s’amusent. Ils sont beaux comme des bonbons. Je les vois passer, un par un, comme s’ils voulaient s’assurer que je les regarde. Soit sûr, ami, que pas un ne se perd. J’ai les yeux sur le ciel comme un enfant sur sa mère. Voilà le premier me dis-je. Le premier vient toujours comme par hasard. Il met dans sa trajectoire l’idée d’un bel espoir et comme je ne veux pas le décevoir, je le regarde passer avec toute la tendresse de celle qui est encore à terre.

Passe le deuxième. Celui-là, c’est celui qu’on attend. Il porte en lui la confirmation du premier tout autant que l’attente du suivant. Quand je vois le troisième qui pointe son métal étincelant et sa petite fumée, je sais que Dieu existe et qu’Il m’embarque avec Lui.

Les avions sont comme des anges. Ils ont des ailes, ils sont blancs, et nous emmènent où ils veulent.

Changer le plomb en or

Sur ma route vers les lieux élevés, solitaire, je cherche à rentrer chez moi. Mes mains sont froides et les lieux déserts. Et dans tout cela, je continue de chercher. Dans les villes, les chemins, les ruelles. Dans les halls de gare, les quais frais et enfumés. Dans les aéroports, à l’Arrivée comme aux Départs, je poursuis ma Quête. Rentrer chez moi, un jour, trouver la chaleur, la sécurité et la Joie. Et tu vois, personne ne sait, même pas mes amis les plus chers, quelle est ma quête et mon espérance. Et je prends la mer et les bateaux à rame,  je ne suis qu’un  canoë et les vents sont douloureux. Mais sur ma route vers les lieux élevés, solitaire, je cherche à rentrer chez moi. Demain est autre jour, mais c’est un jour trompeur qui n’arrive jamais. Hier est mort, ne reste qu’à l’enterrer. Je ne sais si j’y mettrai les honneurs dus à son rang. Dans la rubrique nécrologique, en tout cas, il y aura ton coeur, les vents et les marées tout ce qui, d’après toi, ne valait sans doute pas qu’on s’y attarde. De toute façon, les vents sont passagers et les marées aléatoires. Les sentiments du coeur ne sont que des émotionnelles suppositions vers un monde meilleur qui ne peut se trouver qu’à l’intérieur de nous.

Sur ta route vers les lieux élevés, solitaire, tu cherches à rentrer chez toi. Tes mains sont froides et les lieux déserts. Et dans tout cela, je t’en supplie, continue de chercher. Telle est ma prière, que dans les villes, les chemins, les ruelles, les gares et les aéroports, tu poursuives ta Quête. Qu’elle soit comme un envol. Courir ne sert à rien, élèves-toi plutôt. De là-haut au moins tu verras la mer et les vagues ne pourront rien contre toi. Tes amis ne savent rien et ne peuvent te comprendre. Et d’ailleurs qui le pourrait ? Ton Etre est un mystère absolu, le seul point commun de toute l’humanité. Combien de coeurs insondables et de vies cachées qui ne sont que des enfants perdus, c’est ça qu’il faudrait savoir. Le reste ne sert à rien.

Sur ma route, solitaire et cachée, mise à l’abri non des douleurs du monde mais de leurs conséquences, je poursuis ma Quête. Les villes sont toujours ouvertes, de jour comme de nuit, il n’y a que la couleur qui change. Et puis il y a les chemins, les petits sentiers. Il y a la route large à l’origine de toutes les autres routes. L’aorte principale où passe ton sang et le mien. L’amour n’est pas toujours un oxygène salutaire s’il est saturé par les scories de nos fausses identités. Ce n’est pas de l’amour de toute façon. Je crois qu’on l’appelle ainsi par commodité. C’est de l’attachement, un besoin d’air qui paraît respirable, de l’hélium et du latex, du bois flottant que la mer nous ramène.

Sur nos routes, solitaires, nous continuons de chercher à nous sentir chez nous. Nos mains sont froides, les nuages élevés, inaccessibles sont nos idéaux. Nos chemins vers les lieux élevés sont sans fin et n’ont plus d’horizons. Les villes sont froides quelle que soit la saison. La voie large nous l’avons prise 1000 fois déjà et nos petits chemins ne mènent nulle part. Même nos meilleurs amis n’y comprennent rien. Et pourtant nous poursuivons notre Quête, inlassablement.

Sur ma route inaccessible, étroite et douloureuse, élevée et solitaire, j’ai trouvé le lieu secret et suis rentrée chez moi. J’ai cherché la Pierre Philosophale, longtemps, et partout. C’était ma Quête et je ne voulais pas mourir sans l’avoir trouvée. Aujourd’hui je sais que l’on peut changer l’eau en vin, amener la lumière dans l’obscurité et changer le plomb en or. C’est le fondement de mon métier, que chacun de vous puisse poser sa besace et ses cailloux, respirer, se voir tel qu’il Est vraiment.

Et rentrer chez lui.