« Vous savez, Apple est comme un grand bateau disait Amelio (celui-là même qui avait songé à pouvoir remplacer Steve Jobs). Ce bateau est chargé de trésors mais il y a un trou dans la coque. Et mon boulot, c’est de faire ramer tout le monde dans le même sens ». – « Et pour le trou … » s’enquit la journaliste, perplexe. 
Cette métaphore du bateau amusa beaucoup Jobs ». *

Nous pouvons sourire du manque de clairvoyance de cet homme, mais il ressemble à beaucoup d’entre nous. Nous ramons très fort, en y mettant un maximum d’énergie, quand ce n’est pas à contre-courant, en plus. Il y a en nous ces fameux trésors qui ne demandent qu’à s’exprimer, et focalisés que nous sommes sur les résultats nous ne voulons pas prêter attention au trou.
C’est pourquoi ce qu’on nomme « développement personnel » peut être extrêmement piégeant. «Se motiver » n’est pas forcément le meilleur chemin. Vous pouvez vous retrouver à écoper pendant longtemps, en fait jusqu’à épuisement.

Les « trous » sont nos failles, nos aveuglements, nos problèmes de caractère et donc de comportement. Viktor Frankl pensait que l’important est de donner un sens à notre existence, un objectif qui transcende notre vie et capte notre énergie à la Source de qui nous sommes. Le trou, c’est aussi tout ce qui dans nos vie est dépourvu de « bon » sens. Ce n’est qu’en se mettant au service d’autrui, en concrétisant les projets qui nous passionnent et sont aussi utiles à notre entourage qu’à nous-mêmes, que nous pouvons mener une belle vie, riche et profonde. Les « trous » vous entraîneront très naturellement au fond des eaux les plus stagnantes. Remonter à la surface vous coûtera certainement plus cher, dans tous les sens du terme, que de mettre votre embarcation au sec et de commencer à réfléchir sur vous-même.

Vous êtes libre de choisir vos actes mais vous n’avez pas la main sur les conséquences, qui sont régies par les lois naturelles (« Qui sème le vent récolte la tempête «  en est un exemple). Ce qui ne vous dédouane pas pour autant de vos responsabilités. Vous pouvez décider d’être malhonnête dans vos relations, de mentir, de blesser, de ne pas honorer vos engagements et vos rendez-vous. Les conséquences sociales dépendront en partie de leur révélation – ou non – mais les conséquences naturelles sur votre caractère produiront des résultats constants. Ne pas reconnaître une erreur et, surtout, ne pas la corriger – voire la réparer – équivaut à en commette une nouvelle d’un type différent. C’est là où vous commencez à vous leurrez et à vous trouver des excuses.
La réponse que vous donnez à chaque erreur affecte la qualité de chaque instant qui la suit. Si vous ne la corrigez pas vous perdrez inéluctablement la possession de vos facultés, votre volonté ira s’amenuisant et la Vie deviendra très compliquée pour vous. Et sans doute pour les autres aussi. Ce sont ce que nous appelons « les dommages collatéraux ».

Je ne peux que vous encourager à faire face à vos difficultés avec honnêteté. Avant qu’il ne soit un peu trop tard pour éviter la noyade. Le Titanic était un merveilleux bateau, magnifique et parfaitement équipé. La seconde enquête sur la catastrophe menée par le Tribunal Britannique des Naufrages présidé par Lord Mersey a conclu, entre autre, que « la veille n’était pas assurée ».
N’attendez pas qu’il soit trop tard. Vous pouvez mourir avant d’avoir fini d’écoper.

Veillez.

 

*“Steve Jobs”, de Walter Isaacson

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