La vraie Joie n’est pas en dehors de moi. Elle n’est pas en dehors de toi. Elle passe, elle se pose, c’est un oiseau léger qui porte un message. C’est une brise légère, un vent parfumé. La vraie Joie te traverse et pourrait s’installer. C’est ton état intérieur quand tu sais voir avec les yeux de la flamme qui t’anime et ne s’éteint jamais.

Elle est dans l’arbre, la fourmi et parfois aussi, dans les supermarchés. Elle naît dans la tourmente comme sur le paisible lac. Elle est contagieuse et se propage même quand tu te tais. Surtout, quand tu te tais. Elle ne s’exprime pas dans les cris et les incantations. Elle est absente de tout ce qui t’excite et s’agite. La Joie est étonnamment silencieuse. C’est ce qui fait sa puissance. Elle creuse en toi un berceau pour l’Amour que tu es. Elle fermera tes yeux à ton dernier souffle, si tu la laisses faire. Tu pourras nous quitter dans la Paix pour aller vers tes nouveaux chemins, nous laissant dans notre petite eau intérieure, nos chagrins légitimes et nos possibles prières. Cette Joie là est somptueuse et brûlante comme un jour d’été. Elle est aussi fraîche et vivifiante comme le grand vent qui pousse les navires. Elle est pétillante, craquante et divine particule. Elle est douce aussi et ne t’abandonnera pas. Elle est ta caresse dans la solitude et ta pierre dans la faiblesse. Elle est ta terre quand tu meurs et ton ciel quand tu nais de nouveau. Car il est possible de naître plusieurs fois, et même chaque jour, et même à chaque seconde. Seulement, si tu n’y prends pas garde, ta vie pourrait passer sans que tu le saches. Elle pourrait se fondre au lieu de s’étendre. Perdre ses couleurs, s’appauvrir et s’éteindre. S’éteindre est le chemin de ton corps, pas celui de ton Être. Que fais-tu avec ta vie et la vie des autres, voilà une jolie question que tu pourrais te poser. C’est une question chantante. Alors chante-nous quelque chose. Ne te défiles pas. C’est incroyable aujourd’hui comment le monde se défile. Le monde te promet la lune, c’est un monde illusoire. Je te rappelle que l’éclat de la lune provient du reflet du soleil. Elle n’est pas le soleil. C’est juste une petite histoire qu’elle te raconte. Et je vais te dire, si tu te laisses prendre, tu es fichu. C’est un songe, une fausse lumière, un pâle reflet. Un miroir qui te murmure à l’oreille que la vie se gagne alors qu’elle se reçoit. La lune te maintient dans la petite enfance qui ne veut pas grandir. Et je ne parle pas de la belle petite enfance, ni de ces innocents aux mains pleines, et pleines de quoi ? Pleine de puissance, d’espérance et de joies. Ces petits enfants là sont les héritiers du Royaume de Dieu. Ils cultivent en eux l’émerveillement, autant dire la Joie. Et Voilà, j’ai bouclé mon petit cercle. Je suis revenue à mes origines. Celles des mots comme celles du monde. Les mots sont des mondes et là aussi il me semble que tu devrais faire attention. C’est à dire être attentif à ce que tu dis. Parce que si la Parole est créatrice alors que dis-tu de toi-même ? Que dis-tu des autres ? Tu parles sur ta vie et sans la Joie des profondeurs, tu la disperses et l’abîmes. Tu te diminues, tu t’essouffles, tu perds ta puissance.

Voilà pourquoi tu dois laisser la Joie te trouver, c’est urgent. C’est vital parce que tu dois vivre. Fais retour. Laisse nous t’aimer comme tu mérites d’être aimé. Abandonne ton orgueil, tes peines et ton petit vernis.

Tu n’as rien à gagner dans ta peine et tes maux, à moins qu’ils ne te poussent vers ton Ciel intérieur. Lieu de repos. Lieu de clarté. Lieu délicieux.

Reviens. Tu es chez toi.

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