Si la Vérité doit te rendre libre, où la trouver ? Si l’Amour peut te donner des ailes vers quoi s’envoler ? Et si la Paix marche sous tes pas, comment la garderas-tu ?

Avant de revêtir tes habits de lumières, tes fragrances et tes paillettes, dis-moi quel air choisis-tu de respirer et de nous souffler au visage ? Parle-moi de ce qui remplit tes poumons à cet instant. Parce que si tu étouffes sous les faux-semblants et les mensonges de ta petite personne, ce que je respire de toi est sans oxygène. En même temps il est salutaire que tu ailles vers ce lieu profond où tu meurs à toi même. Tu devras laisser derrière toi les flaques, les eaux boueuses et les pensées mortifères, pour aller sur la montagne. Étonnamment, la montagne te ramènera à toi-même et te montrera la vallée. Dans un premier temps, tu oscilleras entre les deux. Et cette oscillation t’amènera la faveur de l’équilibre. Tu verras que la vie réelle n’est pas plus sur les hauteurs que dans les creux. Pas plus en haut qu’en bas. Tu te jugeras inapte et peut être inintéressant. Et tu auras, d’un certain point de vue, tout à fait raison. Parce que ce n’est pas ce que nous choisissons de voir en toi.

Ce que nous voulons voir, c’est l’or étincelant d’une puissante Conscience.

C’est la valeur de ton Etre quand il se relie à la Source suprême. C’est l’épanouissement de ta Joie quand tu te sais aimé absolument. C’est à dire sans conditions ni contraintes, sans terreurs ni doutes.

Ce que nous voulons voir en toi, c’est la tendresse de l’enfance qui s’amuse à tout imaginer et à le croire possible. C’est la puissance de l’innocence qui offre au monde une vulnérabilité qui n’est pas une plainte mais la reconnaissance du Bien.

Ce que nous croyons pour toi, tu dois le croire pour toi même et en cela, peut-être, tu te sentiras seul. Abandonné. Possiblement misérable. C’est parce que tu marches le nez pointé vers tes godillots sur la pourriture d’un chemin qui ne te convient plus. Alors tu lèveras les yeux vers le ciel et les étoiles te paraîtront inaccessibles. C’est toujours comme ça avec les étoiles. Lointaines, distantes, éblouissantes, elles tiennent l’homme occupé à d’incompréhensibles mystères trop grands pour lui. Et te voilà perdu dans cette obscurité animée d’inaccessibles lucioles. De nouveau tu oscilleras entre la terre et le nuage, la poussière et la pluie, la cendre et le ciel. Alors tu observeras que ce qui fait le lien entre le Haut et le Bas, le Paradis et l’Enfer, c’est l’Humain que tu es. Tu vivras l’écartèlement de la croix qui te porte en son centre. L’endroit où se relient les Mondes. L’endroit où tu assumes ton horizontalité en vue de te verticaliser. C’est le lieu de la Présence, le lieu de ton Essence. La seule et indicible souffrance qu’elle aura l’air de t’offrir n’est pas réelle. Elle est l’histoire que tu t’es racontée jusqu’à ce jour. Et comme la petite personne en toi tient à ses souffrances, elle croit encore que le Divin pourrait préférer la douleur à la Paix, le chagrin à l’Amour, le sang à la Joie, quand Il te ramène simplement à Toi-même. Le centre d’une croix, c’est la croisée du chemin. Ton chemin. Tantôt à gauche vers un passé qui n’est qu’une mémoire entretenue. Tantôt à droite vers un futur qui n’arrive jamais. Pour peu que tu continues de croire à la linéarité du temps.

Alors en bas, qui te rappelle où tu t’en va très certainement, la terre nourricière que tu iras nourrir. Et puis en haut, vers les paradis perdus ou possiblement conquis. Dans aucun de ces endroits tu ne pourras poser ta tête, car il n’y a là pas de repos possible. Ce sont de simples points cardinaux et tu crois que c’est vrai quand ça ne l’est pas. La Vérité se trouve au centre de toi-même, comme un lumignon qui fume parce qu’il semble éteint. Mais si tu as l’Inspiration de souffler dessus, le voilà qui s’allume pour éclairer ta route et ton âme. Personne ne peut l’éteindre et même Dieu ne le fait pas. C’est l’espace en toi porteur du Souffle de ton existence. De ta vie. C’est le silence profond où le battement de ton cœur est à l’unisson du battement de coeur de ta Source. C’est-à-dire de la Vie même. Un battement d’ailes seulement te sépare de ton Lieu Secret. Un Souffle. Possiblement, une simple respiration.

S’il-te-plaît, assieds-toi.

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