“Enfant déjà, je supposais que la vie devait avoir un sens. Parce qu’une chose était certaine à mes yeux, si je me trompais, alors je ne voyais pas l’utilité de s’installer ici. Autant repartir d’où je venais, c’est-à-dire, rentrer à la maison. Je sentais bien, sans pouvoir l’expliquer, qu’il existait un “ailleurs”, un lieu d’amour et de plénitude éternelle, qui n’avait rien à voir avec cette planète emplie de distorsions et de pertes. Certes, il y avait aussi la tendresse et la joie, mais pas en quantité suffisante pour la poursuite du voyage.

La Vie elle-même, toujours parfaite, m’a cependant poussée à cette acceptation propre aux grandes aventures humaines : des mémoires anciennes, des rêves que nous faisons semblant d’avoir oubliés pour mieux les revivre. Des avions, des terres inconnues, la tienne et parfois la mienne aussi,  tous ces repas partagés, ces disputes et ces retrouvailles, ces tendresses coulées dans le béton de nos coeurs perdus : rien qui ne soit vraiment protégé, si ce n’est par cet orgueil propre à tuer les fleurs, les ciels et les meilleures intentions. Rien qui ne soit jamais aligné sur l’Amour que nous sommes vraiment : tout est toujours sans cesse oublié, remisé avec nos jouets d’enfants. Toutes ces programmations de la naissance et de la lignée, tous ces inconscients dits “collectifs” pour nous noyer dans l’informe et le définif, toutes ces peurs, ces chagrins qui ne sont même pas à nous, sont de tous petits cauchemars qui se font passer pour la réalité.

Toutes ces années sont passées comme un rêve et disparaîtront avec ma “personne” au jour venu. Mes expériences sont comme les vôtres : de petites transhumances, des sentiers escarpés, des rêves prétendument accomplis et d’autres qui ne le seront jamais. Qu’importe, si tout au long de tous ces jours et de toutes ces nuits, j’ai pu rencontrer ça et là, des Etres au grand coeur, avec leurs mains lavées et leurs yeux grands ouverts vers moi.

La vie est ce qu’elle est. Ni bonne, ni mauvaise, inattendue parfois, elle a le sens que nous lui donnons. Et ce sens là nous appartient – vous appartient – pleinement. J’observe que nous manquons de simplicité et que nous la pensons bien plus que nous la vivons. Un jour il devient évident que la question à se poser est “ce chemin a-t-il un coeur ?” C’est de cet élan là qu’il vous faudra repartir, nous revenir enfin, parfaitement vidé de vous-même, empli très simplement de toute la Grâce du vivant, de la Joie d’être au monde et d’y participer avec toute votre tendresse.

Quand la route sera devenue longue, votre charge immensément lourde, alors vous n’aurez plus rien à perdre de votre vie monotone et parfois médiocre. Vous aurez atteint la totalité de ce qui vous diminue, vous prive d’oxygène et vous éteint. Accueillez cette médiocrité, le quelconque d’un quotidien parfois devenu pâle, les soirées immenses, longues et solitaires. Ou pleines de bruits inutiles, de vaines vanités et de silences autour de la table. Accueillez la vie sous cette forme, sans vous juger, sans même essayer de vous détester. Accueillez la bravoure de vous lever le matin  et la fatigue des fins de journées. Car l’Amour se manifeste aussi de cette manière là, c’est juste que vous ne distinguez plus rien.

Toutes ces routes et ces petits chemins, nous les passons tous, je les ai passées. Je pourrais vous abreuver et vous impressionner – peut-être – d’un long cv, qui reste à la disposition de toute personne qui le souhaiteraient nécessaire.

Le plus important à entendre ici, il me semble, est cet élan absolu qui pousse à se réveiller, vous comme moi,  pour voir si la vie est vraiment ce qu’elle a l’air d’être. Et j’ai découvert son trésor, la perle précieuse enfoncée dans la terre, cachée sous le brin d’herbe et la lumière du jour. Je suis passée à l’autre bord, où rien n’est jamais pareil, où rien ne dure toujours sur cette terre et cela est sans importance. 

Alors, je peux aller les bras grands ouverts et le coeur  entièrement disponible pour la peine et la fatigue que vous êtes, peut-être, aujourd’hui. Les missions de vie sont des projets illusoires et ce n’est pas la mienne de vous secourir. Vous n’avez pas besoin d’être sauvé si ce n’est de vous-même et de tout l’attirail de votre petit personnage. 

Vous avez besoin d’être entendus plus qu’écoutés, vus plutôt que jugés, accueillis tels que vous êtes en cette minute même.

Cependant, je me dois de vous prévenir, préparez-vous pour un voyage intérieur qui vous ramènera vers le Coeur, le Centre, l’Essentiel, la Vie éternelle en vous, ce qui n’est jamais mort et ne mourra jamais.

Préparez-vous pour la Joie qui pourrait bien revenir, et la Paix intérieure qui pourrait bien s’installer. Au-début, il y aura quelques possibles allers et d’éventuels retours, mais rien de grave.

Juste la vraie Vie”.

Laurence Besnard-Darolle.

 

.    Logothérapeute

.   Expert en Médiation et Gestion des conflits (Formation CNAM)

  • Médiations Familiales
  • Couples
  • Professionnels et Entreprises (burn out, conflits hierarchiques, licenciements)
  • Scolaires (Maternelles, Collèges et Lycées)

. CNV  (Communication NonViolente)

 

 

 

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