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A propos de Laurence Besnard-Darolle

“Enfant dĂ©jĂ , je supposais que la vie devait avoir un sens. Parce qu’une chose Ă©tait certaine Ă  mes yeux, si je me trompais, alors je ne voyais pas l’utilitĂ© de s’installer ici. Autant repartir d’oĂč je venais, c’est-Ă -dire, rentrer Ă  la maison. Je sentais bien, sans pouvoir l’expliquer, qu’il existait un “ailleurs”, un lieu d’amour et de plĂ©nitude Ă©ternelle, qui n’avait rien Ă  voir avec cette planĂšte emplie de distorsions et de pertes. Certes, il y avait aussi la tendresse et la joie, mais pas en quantitĂ© suffisante pour la poursuite du voyage.

La Vie elle-mĂȘme, toujours parfaite, m’a cependant poussĂ©e Ă  cette acceptation propre aux grandes aventures humaines : des mĂ©moires anciennes, des rĂȘves que nous faisons semblant d’avoir oubliĂ©s pour mieux les revivre. Des avions, des terres inconnues, la tienne et parfois la mienne aussi,  tous ces repas partagĂ©s, ces disputes et ces retrouvailles, ces tendresses coulĂ©es dans le bĂ©ton de nos coeurs perdus : rien qui ne soit vraiment protĂ©gĂ©, si ce n’est par cet orgueil propre Ă  tuer les fleurs, les ciels et les meilleures intentions. Rien qui ne soit jamais alignĂ© sur l’Amour que nous sommes vraiment : tout est toujours sans cesse oubliĂ©, remisĂ© avec nos jouets d’enfants. Toutes ces programmations de la naissance et de la lignĂ©e, tous ces inconscients dits “collectifs” pour nous noyer dans l’informe et le dĂ©finif, toutes ces peurs, ces chagrins qui ne sont mĂȘme pas Ă  nous, sont de tous petits cauchemars qui se font passer pour la rĂ©alitĂ©.

Toutes ces annĂ©es sont passĂ©es comme un rĂȘve et disparaĂźtront avec ma “personne” au jour venu. Mes expĂ©riences sont comme les vĂŽtres : de petites transhumances, des sentiers escarpĂ©s, des rĂȘves prĂ©tendument accomplis et d’autres qui ne le seront jamais. Qu’importe, si tout au long de tous ces jours et de toutes ces nuits, j’ai pu rencontrer ça et lĂ , des Etres au grand coeur, avec leurs mains lavĂ©es et leurs yeux grands ouverts vers moi.

La vie est ce qu’elle est. Ni bonne, ni mauvaise, inattendue parfois, elle a le sens que nous lui donnons. Et ce sens lĂ  nous appartient – vous appartient – pleinement. J’observe que nous manquons de simplicitĂ© et que nous la pensons bien plus que nous la vivons. Un jour il devient Ă©vident que la question Ă  se poser est “ce chemin a-t-il un coeur ?” C’est de cet Ă©lan lĂ  qu’il vous faudra repartir, nous revenir enfin, parfaitement vidĂ© de vous-mĂȘme, empli trĂšs simplement de toute la GrĂące du vivant, de la Joie d’ĂȘtre au monde et d’y participer avec toute votre tendresse.

Quand la route sera devenue longue, votre charge immensĂ©ment lourde, alors vous n’aurez plus rien Ă  perdre de votre vie monotone et parfois mĂ©diocre. Vous aurez atteint la totalitĂ© de ce qui vous diminue, vous prive d’oxygĂšne et vous Ă©teint. Accueillez cette mĂ©diocritĂ©, le quelconque d’un quotidien parfois devenu pĂąle, les soirĂ©es immenses, longues et solitaires. Ou pleines de bruits inutiles, de vaines vanitĂ©s et de silences autour de la table. Accueillez la vie sous cette forme, sans vous juger, sans mĂȘme essayer de vous dĂ©tester. Accueillez la bravoure de vous lever le matin  et la fatigue des fins de journĂ©es. Car l’Amour se manifeste aussi de cette maniĂšre lĂ , c’est juste que vous ne distinguez plus rien.

Toutes ces routes et ces petits chemins, nous les passons tous, je les ai passĂ©es. Je pourrais vous abreuver et vous impressionner – peut-ĂȘtre – d’un long cv, qui reste Ă  la disposition de toute personne qui le souhaiteraient nĂ©cessaire.

Le plus important Ă  entendre ici, il me semble, est cet Ă©lan absolu qui pousse Ă  se rĂ©veiller, vous comme moi,  pour voir si la vie est vraiment ce qu’elle a l’air d’ĂȘtre. Et j’ai dĂ©couvert son trĂ©sor, la perle prĂ©cieuse enfoncĂ©e dans la terre, cachĂ©e sous le brin d’herbe et la lumiĂšre du jour. Je suis passĂ©e Ă  l’autre bord, oĂč rien n’est jamais pareil, oĂč rien ne dure toujours sur cette terre et cela est sans importance. 

Alors, je peux aller les bras grands ouverts et le coeur  entiĂšrement disponible pour la peine et la fatigue que vous ĂȘtes, peut-ĂȘtre, aujourd’hui. Les missions de vie sont des projets illusoires et ce n’est pas la mienne de vous secourir. Vous n’avez pas besoin d’ĂȘtre sauvĂ© si ce n’est de vous-mĂȘme et de tout l’attirail de votre petit personnage. 

Vous avez besoin d’ĂȘtre entendus plus qu’Ă©coutĂ©s, vus plutĂŽt que jugĂ©s, accueillis tels que vous ĂȘtes en cette minute mĂȘme.

Cependant, je me dois de vous prĂ©venir, prĂ©parez-vous pour un voyage intĂ©rieur qui vous ramĂšnera vers le Coeur, le Centre, l’Essentiel, la Vie Ă©ternelle en vous, ce qui n’est jamais mort et ne mourra jamais.

PrĂ©parez-vous pour la Joie qui pourrait bien revenir, et la Paix intĂ©rieure qui pourrait bien s’installer. Au-dĂ©but, il y aura quelques possibles allers et d’Ă©ventuels retours, mais rien de grave.

Juste la vraie Vie”.

Laurence Besnard-Darolle.

 

.    Logothérapeute

.   Expert en Médiation et Gestion des conflits (Formation CNAM)

  • MĂ©diations Familiales
  • Couples
  • Professionnels et Entreprises (burn out, conflits hierarchiques, licenciements)
  • Scolaires (Maternelles, CollĂšges et LycĂ©es)

. CNV  (Communication NonViolente)