Il faudra songer à arrêter toutes les guerres. Celles du dehors et celles du dedans. Laisser les colères vous traverser sans vous y attacher. Les respirer comme le doux parfum de la Vie qui porte en terre une nouvelle semence. Vos colères sont rouges comme le sang, opaques et blanches comme tous les placentas de ces enfants portés et de tous ceux qui ne l’ont pas été. Vos larmes sont bleues comme les mers, tous ces océans qui vont et viennent. Les bateaux rentrent toujours au port quelles que soient leurs destinations. Et moi je dis, existe-t-il une autre destination que celle qui vous ramène à vous-même ? Y-a-t-il sur la terre un autre rivage pour vous accueillir avec vos peines ? Vos chagrins ressemblent souvent à des enfants perdus et jamais nés. Ils sont aussi tous ces passages obligés, ces maternités imposés, une jeunesse envolée. Toutes les contractions intérieures ne servent pas toujours à enfanter. Mais comme le corps ne ment jamais c’est à vous-même qu’il veut donner naissance. Votre sang ne vient pas d’une blessure et réjouit la Vie que vous êtes. Les couteaux c’est souvent vous qui les portez parce qu’on vous les a mis dans les mains il y a longtemps. Vos mères et vos grand-mères, leurs mères et leurs grand-mères juste avant, c’est une ronde qui tourne mal et pourrait s’accélérer si vous n’y prenez garde. La liberté ne se trouve pas au détriment d’un ennemi extérieur à vous et qui aurait l’apparence d’un homme ou d’une mère. La délivrance n’est pas dans le combat ni sur les champs de batailles. Elle ne se gagne pas au détriment d’un autre quelle que soit sa forme. Vous savez que rien n’est à combattre et que tout s’accueille. Vous en faites l’expérience à chaque fois que le lait monte ou que l’Amour revient. Les révoltes ne mènent pas à la paix et les justes colères ne concernent que les vagues au-dessus de l’eau. La mer elle-même est toujours dans un profond silence quelle que soit la saveur de l’écume. N’allez pas mes sœurs mourir sur le rivage car la guerre consume l’âme et beaucoup de beauté reste à venir. Vous êtes au cœur de la Vie qui ne demande qu’à vous bénir et vous adore. Laissez aux hommes le temps nécessaire à la maturité, offrez à vos mère le pardon d’une nouvelle naissance et voyez la grandeur, la puissance de cette éternité que tous les humains partagent, tandis que le voile qui nous sépare se déchire un peu plus tendrement. Ne cherchez la complétude qu’en vous-même car c’est le seul berceau qu’Elle connaisse. L’autre aura sa part à faire, et il n’est pas question de mettre la lumière de qui que ce soit sous le boisseau. Observez cependant comme les étincelles amènent un grand feu lorsque le vent souffle dans la bonne direction. Soyez l’étincelle plutôt que le feu et laissez les vents prendre de la hauteur.

Votre sang est la lumière du monde qui enfante ses enfants et s’émerveille de leurs différences. Votre précieux sang, c’est de l’Amour liquide qui coule dans toutes les veines de l’humanité.

Oui. Tous les humains sont rouges à l’intérieur.

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