Il y a cette voix à l’intérieur de toi qui te parle. Je n’évoque pas ici tes complaintes et tes scories, la petite histoire mentale de ton jour. Je veux dire, cette voix, au plus profond, qui essaie de t’ouvrir vers la Lumière et la Joie. Quand la douleur est forte, la déchirure est profonde. Quand l’inutile regret frappe à ta porte, c’est que ton regard ne se porte pas au bon endroit. Tu regardes en arrière, tu espères en demain, tu oublies que l’espoir te déplace vers un temps qui n’existe pas. Et tu perds ta vie en croyant la poursuivre. Ton Coeur ne brûle pas encore assez. Le trou n’est pas assez grand, la plaie pas assez profonde. Certains d’entre nous ont l’intense résistance de ceux qui ne veulent pas céder. L’orgueil des petites guerres et des petites victoires. Ô les jolis enfants dans les jardins, qui se prennent pour des adultes, des grandes personnes qui n’ont décidément de grand que les chagrins d’une enfance mal aimée. Et ça combat dans les taillis, ça s’aime et ça se cache. Ça se perd et parfois, même, ça s’assassine et ça se tue. Le temps n’est pas méchant, mais c’est ta volonté de ne pas vouloir guérir qui nous fait mal. C’est le mouchoir que tu mets dans ta poche en prévision des jours à venir. Toutes ces amertumes, ces règlements de compte, voilà ce qui nous abîme. Toutes ces mamans qui ne vous ont pas assez câlinées. Tous ces papas qui n’ont pas su vous porter. Et ça pleure et ça crie, ça fait un gros bruit et de gros sanglots. Tu oublies l’essentiel : avant l’adulte, l’enfant. Avant le grand, le petit. Comme toi. Des pas grandi. Des mal-aimés. Comme toi. Il était ton dieu, ton héros : laisse-le s’écrouler. Et sors-la de ton infantile imagination. Descends-les de tes impalpables nuages. La souffrance du manque d’amour en lui, tout ce qu’elle-même n’a pas bien reçu, voilà que je le retrouve chez toi. Pour faire autrement, ils auraient dû grandir, prendre en croissance et en ciel. Mais ils ne l’ont pas souhaité ou ils ne l’ont pas vu ou même, ils n’ont pas su. Et parfois, il te faudra laisser derrière toi ceux que tu voudras sauver à tout prix. Sortir du conditionnement d’un amour filial, marital ou amical. Car il ne s’agit pas pour toi d’accepter la maltraitance et les coups : simplement d’apprendre à quitter sans colère, car alors elle se retournerait contre toi et tu serais blessé de nouveau. Et alors, où aller ? Chacun, ici, fait de son mieux. C’est l’ignorance qui construit les guerres, les séparations et peut-être même, les tremblements de terre. Va savoir. L’ignorance de toi-même, ton ombre projetée, tes histoires qui ne sont même pas à toi et que tu ramasses pour en faire des petits bouquets d’excuses. Mais pourquoi ne pas juste les lancer au bord du chemin ? Alors tu pourrais lever tes mains vers le ciel. Alors ton Coeur suivrait, et même, tes yeux pourraient nous éclairer à cause du regard d’amour vrai que tu nous porterais. Des abysses de tendresse se déverseraient sur nos mondes par la Grâce de ta Clairvoyance. Tu comprendrais qu’il y a un temps pour tout sur cette terre. (Si tant est que le temps existe, ce qui est un mensonge, une petite bille dans un bocal, mais ça n’est pas le sujet). Il est question de toi et de l’état de ta vie. Vois que rien ne te sépare de l’Amour et de la Paix de ta nature profonde. A part ton histoire et un petit orgueil de vie. Un petit qui veut toujours avoir raison et entretient la blessure. Et tu n’es pas plus ton corps que ton mental. C’est pourquoi ton sang ne nous apportera rien, mais ton rire sûrement. La vie, c’est de la balle à faire rouler, de la douceur en pelote et des baisers en pagaille. Quand tu auras vu, tu ne pourras plus faire autrement que de venir t’amuser. Bien sûr, tes larmes et toutes tes émotions remontées, bien sûr, encore tes grands manèges à l’horizon, ta gravité qui te tire vers le bas, qui n’est même pas de la profondeur. Mais ça n’est pas grave, je t’assure. La Vie est un merveilleux clown autant qu’un grand sage. Elle est Christ, elle est toi, elle est moi. Elle est Bouddha, elle est Mère Teresa. Elle est bleue, noire aussi, et Merlin l’Enchanteur. Elle est dans le juge, elle est dans l’assassin. Elle est dans le dictateur, elle est dans le Saint. Elle est dans le pétale, elle est dans le charnier. Elle est dans le clou, elle est dans l’olivier. Elle est dans la vague, elle est dans l’océan. Elle est dans l’onde, elle est dans le chuchotement. Elle est dans ta naissance, elle est dans ta mort. La Vie, « ta » Vie, sur la terre des hommes ne t’appartient pas. Elle est partout, en tout, à jamais. Évidemment. Puisque la Vie, c’est toi.

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